quarta-feira, 13 de abril de 2011

EGYPTOLOGIE ET PANAFRICANISME

EGYPTOLOGIE, REAPPROPRIATION DE L’HISTOIRE
ET PANAFRICANISME DANS L’OEUVRE DE CHEIKH
ANTA DIOP.
Par : Joachim Emmanuel GOMA-THETHET
Faculté des Lettres et des Sciences Humaines
Département d‘histoire
B .P. 1846 – Brazzaville (Congo)
Tél. : (242) 26 70 40
Fax : (242) 81 03 30
E-mail : gomathethet@yahoo.fr
Résumé de la communication
Lors du premier Festival mondial des arts nègres tenu à Dakar (Sénégal) en 1966, Cheikh Anta Diop a été plébiscité, pour l’ensemble de son oeuvre, comme « l’auteur qui a exercé sur le XXè siècle, l’influe,nce la plus féconde ». Trente ans plus tard, dans la préface de L’Afrique de Cheikh Anta Diop publié chez Karthala par François –Xavier Fauvelle (1966), l’historien Elikia Mbokolo écrit à propos du savant africain : « L’Afrique noire à produit, depuis plus d’un siècle, un nombre significatif et une variété remarquable de talentueux historiens professionnels et philosophes de l’histoire. Mais aucun, assurément, n’a connu de son vivant ni après sa mort la notoriété qui est celle de Cheikh Anta Diop depuis le milieu des années 1950 »(Fauvelle 1996 : 7). Cette notoriété, Cheikh Anta Diop la doit à la qualité exceptionnelle de ses travaux de recherche et à son indéfectible engagement à faire redécouvrir aux Africains leur patrimoine historique et culturel jeté aux calendes grecques par des siècles d’hégémonie européenne.
S’appuyant sur l’histoire de l’Egypte pharaonique, la civilisation africaine la plus ancienne , la plus longue et la plus brillante du monde, il s’est employé à rétablir la continuité du mouvement historique africain depuis l’apparition de l’homo sapiens sapiens en Afrique, a redonner ainsi à l’Afrique sa véritable place dans l’histoire du monde. Les travaux de Cheikh Anta Diop ont donc remis en cause l’historiographie africaine et par ricochet celle du monde. Et cela ne pouvait pas laisser coi les tenants de l’hégémonie européenne. Ceux-ci n’ont cessé, depuis la publication en 1954 de Nations nègres et culture (considéré comme l’ouvrage- programme, fondateur de la vision diopienne de l’histoire et du devenir de l’Afrique) de tirer à boulets rouges sur son oeuvre, souvent sur des bases tenant plus de l’idéologie que de la science (cf. Afrocentrismes. L’histoire des Africains entre Egypte et Amérique, Karthala 2000). Les Africains et les Africains Américains soucieux de revisiter leur patrimoine ont pris à bras le corps l’oeuvre de Cheikh Anta Diop. Cette dernière est devenue une arme au service de leurs actions politiques, culturelles et autres (cf. Afrocentric Idea de Molefi Asante, Temple University Press 1998 ; Le sens de la lutte contre l’africanisme eurocentriste de Théophile Obenga, l’Harmattan 2001).
Pour avoir embrassé l’ensemble des questions du continent et du monde noir, l’oeuvre de Cheikh Anta Diop reste d’actualité en ce début du troisième millénaire. La connaissance de cette oeuvre apparaît comme un préalable nécessaire pour tous les Africains qui veulent chercher à relever les défis majeurs actuels de l’Afrique.
L’objectif de cette communication est double. Il s’agit d’abord de montrer que l’oeuvre de Cheikh Anta Diop est un héritage commun à l’Afrique entière et que tous les Africains
doivent le connaître pour avoir une meilleure appréciation des questions contemporaines. Ensuite, il faut souligner avec force que Cheikh Anta Diop est un exemple d’engagement et de sacrifice pour l’Afrique, exemple à suivre pour les générations d’intellectuels et de chercheurs de la période post-indépendance.
Cette communication s’articulera autour de trois points intimement liés. Dans le premier , nous entendons retracer le contexte de naissance de l’Egyptologie et de son évolution jusqu’à l’irruption des thèses d’une Egypte génétiquement africaine et noire de Cheikh Anta Diop : véritable révolution dans l’historiographie africaine et mondiale. Le deuxième point s’emploiera à montrer d’une part que cette Egypte ancienne permet de placer l’Afrique au centre de l’histoire du monde ( afrocentrisme). Et d’autre part elle sert de vivier idéologique au combat nationaliste que Cheikh Anta Diop inscrit dans une perspective panafricaine. Le dernier point sera l’occasion de revisiter Les fondements économiques et culturels d’un Etat fédéral d’Afrique noire à la lumière des récentes initiatives africaines (l’Union Africaine et le NEPAD) et de la mondialisation.

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